Roger, comment vous sentez-vous dans la dernière ligne droite avant le début du tournoi ?
Je me sens bien. J'ai gagné Hambourg et tout va pour le mieux grâce à ça. Je suis arrivé ici mercredi et je m'entraîne tous les jours pendant deux heures. Maintenant, je suis en train d'essayer de rentrer dans le rythme du tournoi. J'ai bien récupéré, je ne m'entraîne pas démesurément.
Vos sensations sont-elles différentes par rapport à Rome ?
Bien entendu, je me sens beaucoup mieux maintenant qu'il y a deux semaines. Je crois de toute façon que j'aurais laissé de côté tous les problèmes en arrivant ici. Mais je n'ai pas eu à le faire... C'est donc bien pour moi. Ça fait longtemps que je travaille à l'objectif que représente Roland-Garros pour moi. J'ai essayé d'arriver dans la meilleure forme possible, physiquement et mentalement. Je suis prêt à jouer des matches très longs et très durs. J'essaie de me donner toutes les chances de gagner ce tournoi. C'est ce que j'ai fait. La saison de terre battue a été très bonne pour moi, à Monaco, Hambourg et Rome. Je me sens aussi bien qu'après Dubaï et je suis prêt pour ce Grand Chelem.
Vous avez dit que vous avez enfin trouvé le moyen de battre Nadal sur terre battue...
Cela ne veut pas dire que je vais le battre à chaque fois. On verra bien. Mais à Hambourg, j'ai bien joué contre lui. Surtout le deuxième et troisième set, où j'ai pris mes chances. Je l'ai battu en finale sur terre battue et je crois que c'est la seule fois qu'il a perdu une finale sur cette surface. C'était un très gros résultat pour moi. J'ai mis fin à sa série de victoires et c'est le premier match où j'ai eu l'impression de jouer de la bonne manière. Il faut essayer de le dominer du fond du court. C'est difficile... Il faut attaquer, être agressif et ce n'est pas facile sur terre. Mais est-ce que je vais pouvoir jouer de la même manière contre lui la fois prochaine ? C'est la question...
Y a-t-il un domaine spécifique de votre jeu sur terre battue sur lequel vous vous sentez plus en confiance par rapport aux années précédentes ?
Désormais, quand j'aborde Roland-Garros, je suis meilleur mentalement, je n'ai plus peur du tournoi. Avant, j'en avais un peu peur peut-être. Physiquement, c'est pareil, je n'ai plus peur des cinq sets comme au début de ma carrière. En plus, j'ai un rôle de favori, je fais beaucoup de bons matches sur terre battue. Cela vous libère et cela vous donne de la confiance. J'aborde cette édition de Roland avec un meilleur sentiment que les années précédentes. Et après avoir gagné les autres tournois du Grand Chelem au moins trois fois, cela me donne encore plus envie de gagner ici.
A Rome, en perdant en huitièmes de finale contre Volandri, vous étiez dans un très mauvais jour. Comment pouvez-vous faire pour qu'une telle absence ne se reproduise pas à Roland-Garros ?
Cela ne m'était pas arrivé depuis des années. On peut se préparer de la meilleure façon, c'est ce que j'ai fait à Rome. Et... Si j'avais gagné le premier set, disons que je n'aurais peut-être pas eu des problèmes mentalement. Ce n'est pas facile de jouer match après match dans le même état d'esprit. Volandri jouait bien et il avait le public derrière lui. Je n'ai pas pu réagir... C'est du passé maintenant, c'est le futur qui compte.
Vous avez connu quelques défaites au premier tour il y a quelques années ici. Quel est votre pire souvenir sur la terre battue parisienne ?
C'est certainement le match que j'ai perdu en 2003 contre Horna. Pour la première fois dans un Grand Chelem, je me suis mis beaucoup trop de pression. Quand j'ai perdu le premier set, tout d'un coup, j'avais l'impression que je ne pouvais pas revenir. Je me disais que c'était impossible de revenir d'un set zéro, et j'ai pensé qu'il valait mieux que je sorte tout de suite car je ne pensais pas pouvoir gagner les autres. Je n'étais pas fort mentalement. J'essayais de me battre, mais c'était un peu tard. J'étais très déçu... Mais on a vu la réaction derrière. J'ai gagné mon premier Wimbledon, c'est venu au bon moment et cela m'a relâché.
Si vous deviez choisir entre conserver votre titre à Wimbledon et gagner Roland-Garros une première fois...
Wimbledon m'a tout donné dans ma carrière de joueur de tennis. Tous mes rêves se sont réalisés là-bas et pas ici à Paris. Mais je ne dirais pas non à Roland-Garros ! C'est impossible de répondre. Je ne peux pas dire si je préfère l'un ou l'autre, mais c'est Wimbledon qui est dans mon coeur.